Pourim

POURIM

Il y a environ 24 siècles, le peuple juif commençait à perdre espoir. Le premier temple de Jérusalem avait été détruit, l’indépendance d’Israël perdue et, depuis presque 70 ans, les juifs étaient dispersés sur des terres étrangères.

C’est à ce moment que l’ennemi se leva pour mettre en œuvre ses plans. Cette fois, c’était Haman. Descendant de la tribu d’Amalek férocement anti-juive, il avait construit le projet de résoudre la « question juive » pour toujours en exterminant tous les juifs, hommes, femmes et enfants, dans le monde entier, en un seul jour. Ce jour-là, il le tira au sort, celui-ci désigna le 13 Adar.

Et cela réussit presque s’il n’y avait pas eu Mardochée. Descendant du roi Chaoul et conseiller de l’empereur de Perse A’hachvéroch (Assuérus), Mardochée sentit le danger, il se revêtit de sacs, couvrit sa tête de cendres et alla aux portes du palais, se lamentant haut et fort, rassemblant les juifs et les engageant à retourner à la Torah.

Sa nièce, la reine Esther, le fit appeler, il lui dit qu’elle devait aller chez le roi et plaider pour son peuple. N’ayant pas officiellement la faveur du monarque, Esther eut peur de se présenter devant lui, mais elle vit qu’elle n’avait pas le choix. Elle entreprit alors un jeûne de 3 jours et demanda que tous les juifs fassent comme elle, puis elle alla voir le roi.

C’est une histoire de courage et de sacrifice de soi, d’abord ceux d’Esther et de Mardochée, et ensuite ceux de tout le peuple juif. Car pendant toute l’année où grandit le danger, aucun juif ne choisit de se convertir, même pour sauver sa vie.

Le peuple entier connut un profond réveil qui le ramena à la Torah et aux Mitzvoth d’un cœur sincère. Pendant toute cette année, il fortifia sa foi et sa pratique des commandements de Dieu. C’est par ce mérite qu’il put se dresser contre ses ennemis et les détruire le 13 Adar, le jour même qu’Haman avait prévu pour la solution finale, et recommencer à vivre librement le 14 Adar. Le peuple juif avait révélé sa personnalité profonde. Il avait le droit de sortir d’exil, de retourner sur la terre sainte et d’y reconstruire le Temple. Chaque année, le 14 Adar, en accomplissant les Mitzvoth de la fête de Pourim, nous réaffirmons notre attachement aux valeurs éternelles de la Torah, et nous prenons part à ce mérite qui a délivré le peuple juif aux temps de Morde’haï et de la Reine Esther.

A Pourim nous signalons l’importance de l’unité et de l’amitié entre les juifs en envoyant des cadeaux composés d’aliments à des amis. Il faut envoyer un cadeau composé d’au moins 2 sortes d’aliments prêts à être consommés (par exemple des gâteaux, des fruits, des boissons…) à un ami au minimum pendant la journée de Pourim.

Il convient que les hommes envoient leur cadeau aux hommes et les femmes aux femmes. Cet envoi doit être fait par l’intermédiaire d’une tierce personne. Les enfants, en plus d’envoyer leur propre cadeau, sont des messagers enthousiastes.

Se préoccuper de ceux qui sont dans le besoin est, pour un juif, une responsabilité constante. Cependant, à Pourim, se souvenir des pauvres fait l’objet d’une Mitzvah particulière. Il faut donner la charité à au moins 2 pauvres pendant la journée de Pourim. La Mitzvah est mieux accomplie lorsqu’on donne directement aux pauvres.

PRENDRE LE REPAS DE FETES

Comme pour toutes les fêtes nous célébrons Pourim avec un repas spécial. Toute la famille et les amis se réunissent autour des spécialités liées à la fête : les houmentachn (gâteaux triangulaires représentant les oreilles de Haman) sont à l’honneur, ainsi que les bonbons et autres gâteaux colorés.

Le jeûne d’Esther.

Nous jeûnons chaque année pour commémorer le jour de prière et de jeûne que les juifs observèrent avant leur victoire.

Le demi- shékel

Il est de tradition de donner 3 pièces d’un demi-euro à la charité afin de rappeler le demi-shékel offert par chaque juif aux temps du Temple.

Cette Mitzvah est faite pendant le jour de jeûne précédant Pourim et avant la prière de Min’ha.

Extrait du « Dictionnaire Encyclopédique du Judaïsme » – CERF/ROBERT LAFFONT