HANOUCCAH

HANOUCCAH (5)

‘HANOUCCAH

Les principaux évènements associés à ‘Hanouccah se déroulèrent entre 165 et 163 avant notre ère.

‘Hanouccah est donc une fête post-biblique, et les principaux évènements qu’elle commémore sont relatés dans le 1er livre des Maccabées.

La fête dure 8 jours à partir du 25 Kislev et commémore la victoire des Maccabées sur les Syriens qui entendaient détruire la religion juive et helléniser la totalité de leur royaume.

Pour parvenir à leurs fins, les grecs n’hésitèrent pas, entre autres exactions, à profaner le Temple de Jérusalem.

Le 1er livre des Maccabées rapporte que l’autel fut souillé, le Roi de Syrie Antiochus Epiphane ayant ordonné qu’y soient offerts des sacrifices aux dieux païens.

Après 3 ans de combats, les Maccabées, sous la direction de Judah Maccabée, reconquirent Jérusalem, démolirent l’autel profané et en édifièrent un nouveau.

Ils fabriquèrent également d’autres ustensiles sacrés, dont un chandelier, un autel à encens, une table et des rideaux.

C’est une fête mineure ne comportant pas d’interdictions relatives au travail ou à d’autres activités.

Selon la tradition talmudique, pendant la purification du Temple, on découvrit un flacon d’huile sainte servant à alimenter le chandelier (ménorah).

Bien qu’elle ne fût suffisante que pour une seule journée, cette huile brûla pendant 8 jours.

C’est pourquoi, disent les Sages, on institua une fête de 8 jours destinée à commémorer ce miracle.

Chaque soir, on procède à l’allumage de la lampe de ‘Hanouccah (la ‘hanoukia). Le Talmud explique que cette pratique vise à rendre public ce Miracle, et, dans les temps anciens, le chandelier était posé sur le seuil ou même à l’extérieur,  devant la maison.

L’allumage a lieu dès la tombée de la nuit, sauf le vendredi, où les lumières de ‘hanouccah doivent être allumées avant celles du Chabbat, soit environ ½ heure avant le coucher du soleil.

Les bougies doivent brûler au moins 30 minutes et être placées dans un endroit bien visible.

Elles peuvent brûler dans la nuit aussi longtemps qu’il y a quelqu’un d’autre pour les regarder que celui qui les a allumées.

Il semble que cet allumage solennel ait été institué bien des années après les évènements qu’il commémore.

La coutume veut qu’on allume une lumière le 1er soir, deux le 2ème  soir, et ainsi de suite…. (en allant de gauche à droite), jusqu’au 8ème soir où toutes les bougies sont allumées (toujours de gauche à droite).

On se sert d’une 9ème bougie appelée Chamach (lumière auxiliaire), pour allumer les autres.

Il s’agit essentiellement d’une cérémonie domestique, mais des bougies sont également allumées à la synagogue. A cette occasion, les enfants reçoivent généralement une petite somme d’argent. (‘hanouccah gelt en yiddish).

Après avoir allumé les bougies, les ashkénazes chantent chez eux et à la synagogue « Maoz Tsour », un cantique de ’hanouccah très populaire, composé au XIIIème siècle. Les Sépharades lisent le psaume 30.

De nos jours, il est courant d’organiser des fêtes de ‘hanouccah avec des chants et des jeux, surtout pour les enfants.

L’origine et le sens de la toupie

(dreydl en yiddish)

Les Syriens interdirent aux juifs l’enseignement et l’étude de la Torah sous peine de mort ou d’emprisonnement.

Malgré tout, les enfants juifs persistèrent ; ils voulaient étudier. On posta donc des guetteurs chargés de prévenir de l’arrivée des patrouilles syriennes.

Dès que l’une d’elle était signalée, les enfants cachaient leurs livres et jouaient à la toupie.

Ceci est à l’origine de la coutume largement répandue à l’heure actuelle qui consiste à donner aux enfants une toupie sur laquelle figurent les 4 lettres hébraïques : Noun, Guimel, Hé, Shin, acrostiche signifiant « Ness Gadol Haya Sham » (un grand miracle se produisit là-bas).

Dans beaucoup de pays de la Diaspora, ‘Hanouccah revêt aujourd’hui une importance qu’elle n’avait pas dans les siècles passés ; elle est devenue un substitut de la fête de Noël pour des enfants vivant dans un environnement laïque.


L’argent de ‘hanouccah

Il est de tradition de donner chaque jour de l’argent aux enfants afin de les encourager à étudier la Torah et leur apprendre à donner le dixième (Maasser) de leurs gains à la Tsédaka (Charité).

En effet, le mot ‘hanouccah est lié au mot ‘hinou’h qui signifie en hébreu « éducation ».

De nos jours, on offre aussi des pièces d’or en chocolat* à tous les enfants de la famille.

Préparations culinaires

Sans doute à cause de l’association de cette fête avec l’huile, on mange

des Ponchkèss* (beignets traditionnels fourrés à la confiture),

des Latkèss* (délicieuses petites galettes de pommes de terre croustillantes),

ainsi que toutes sortes d’aliments frits dans l’huile.

Extrait du « Dictionnaire Encyclopédique du Judaïsme » – CERF/ROBERT LAFFONT