PESSA’H

PESSA’H

La Pâque juive (Pessa’h en hébreu) a lieu au début du printemps et commémore la libération du peuple hébreu de l’esclavage égyptien, tel qu’il est relaté dans le deuxième livre de la Torah (Ancien Testament) : l’Exode.

Sous la protection divine et la direction de Moïse, les Hébreux sont passés de l’humiliation de servir Pharaon à la gloire de servir Dieu ; ils recevront les dix commandements 7 semaines plus tard à la fête de Pentecôte (Chavouoth).

En même temps que nous perpétuons le souvenir de l’Exode chaque année, nous célébrons notre propre quête de liberté en tant qu’individus et en tant que peuple.

A la maison comme à la synagogue, prières et rituels célèbrent également la fertilité de la terre dans l’attente d’une nouvelle récolte.

La Pâque juive est une fête de contrastes. Nous mangeons le pain azyme, matsa ou «pain de misère» accoudés à la table comme des rois. Nous goûtons simultanément l’amertume de l’esclavage et la douceur de la liberté. Nous consommons à la fois l’amer et le sucré, symbolisant ainsi le paradoxe de la vraie liberté qui ne peut être atteinte que par la lutte et le défi.

Des restrictions semblables à celles du Chabbat s’appliquent pour les deux premiers et les deux derniers jours de cette fête, qui dure huit jours et en souvenir du pain qui n’a pas eu le temps de lever lors du départ précipité d’Egypte, une restriction sur toute nourriture contenant du levain s’applique à toute la période de la fête.

Un grand « nettoyage de Pâque » précède cette fête de manière à supprimer toute trace de levain de la maison.

La fête de Pessa’h se caractérise par une triple interdiction concernant le ’hamets : de le consommer, d’en posséder, ou d’en tirer profit.

Le ’hamets est un terme désignant tout aliment, boisson ou tout autre produit fait à partir de blé, d’orge, de seigle, d’avoine, d’épeautre ou de leurs dérivés, ayant fermenté, même si le produit n’en contient qu’une toute petite partie.

Recherche du levain (Bedikat ’Hamets)

La veille au soir du séder, la coutume consiste à placer dans différents endroits de la maison, les 10 derniers petits morceaux de ’Hamets (tout ce qui contient du levain, comme par exemple du pain) enveloppés dans du papier. Les enfants de la maison, dans un cadre pédagogique, sont conviés à cette recherche minutieuse. Quand le ’Hamets est retrouvé, on le mettra dans un sac afin de le brûler le lendemain matin.

La fête commence par un repas familial précédé d’un programme symbolique, le « Seder », composé d’aliments qui revêtent une importance particulière.

Le Plat du Seder sera placé au centre de la table. Il contiendra les différents mets symbolisant l’esclavage en Egypte et la délivrance du peuple juif.

La famille revit l’expérience de la rédemption et elle se concentre sur ce qu’implique le fait d’appartenir au peuple juif. Plus largement, c’est le moment de considérer le sort de tous les gens qui sont victimes de toute forme d’esclavage. On constate qu’en conjuguant les efforts de l’être humain et l’assistance divine, toute l’humanité peut prétendre aux joies et aux responsabilités de la liberté.

La composition du plat du Séder

 

Zero’a – On prendra un os (de poulet ou d’agneau) en souvenir du « bras étendu » avec lequel Dieu nous délivra d’Egypte. Cet os grillé symbolisera le sacrifice de Pessa’h. On ne le mangera pas au séder, de même qu’il nous est défendu de consommer ce soir-là toute viande grillée. On pourra toutefois le manger le lendemain.

Betsa – Un œuf dur (que l’on fait parfois brûler). On le mange en signe de deuil, en souvenir de la destruction du Temple.

Maror – les herbes amères, évoquent l’amer-tume de la vie de nos ancêtres. Parmi les légumes les plus utilisés, la laitue est le plus courant. On trempera le maror dans la ’harosseth pour atténuer un peu son gout amer, mais on prendra garde de ne pas trop l’adoucir.

’Harosset – Il symbolise le mortier avec lequel nos ancêtres fabriquèrent des briques pour les Egyptiens. Il est composé d’amandes, de noix, de dattes, de pommes, le tout aromatisé de cannelle. Le vin rouge servant à délayer le mélange rappellera le sang des nouveau-nés d’Israël qui fut versé par le décret de Pharaon.

Karpas – On utilise généralement le persil, le céleri, ou le radis, que l’on trempe dans de l’eau salée en souvenir des larmes versées par nos ancêtres, esclaves en Egypte.

’Hazéreth – C’est en fait de la laitue tout comme le maror. Certaines illustrations du plat du séder indiquent en effet maror une seconde fois, à la place de ’hazéreth. De nos jours on nomme également ’hazéreth le raifort. Cette méprise est due à l’ancienne coutume d’ajouter du raifort à la laitue mangée avec la matsa, pour la rendre un peu plus amère.

On a l’habitude de faire durer ce repas de fête le plus longtemps possible de manière à apporter le maximum de commentaires sur cet évènement qui détermina la création du Peuple juif il y a environ 3 500 ans.

On distingue la Pâque juive des Pâques Chrétiennes : la Pâque juive s’emploie au singulier, les Pâques Chrétiennes au pluriel.

La Pâque juive et les Pâques chrétiennes, bien que n’ayant pas la même signification, suivent toutes deux le calendrier lunaire et ont donc lieu pratiquement en même temps tous les ans.

TRADITIONS CULINAIRES

 

Il est de coutume de déguster chaque jour un gâteau à base de pâte d’amandes, et principalement les petits macarons de Pessa’h traditionellement garnis de leur cerise confite rouge ou verte.

Le leké’h (type gâteau de Savoie) et le Babké (kougloff aux amandes) sont évidemment mis également à l’honneur, tout comme les chabès ki’hele’h (petits sablés) et les Kraiankis, gâteaux à rayures, qui fondent littéralement dans les bouches des petits enfants….

Pour garnir la table de fêtes, le gehakte fish, le schmaltzherring, le pikelfleish, le pastrami et les gros cornichons au sel du tonneau raviront les palais les plus exigeants…..